samedi 24 octobre 2009

Avon: un chez-nous ailleurs

Ce n’est pas un hasard si je suis en train d’écouter Another Brick in the Wall pendant que je fais un retour aux North Carolina Outbanks. Le coup de cœur des dernières vacances. Il y a quelques endroits dans le monde où j’ai eu l’impression de rentrer enfin chez-moi, après des années d’errance: Marseille et les calanques, la Corse, les Îles de la Madeleine et depuis cet été, les Outbanks. Bien sûr, il y a la mer et toutes ses humeurs, une des rares choses pour laquelle j’ai du respect et qui me tient en respect: amie et ennemie indéfectible. Mais il y a autre chose que j’y ai trouvé: ce sont tous des pays de légendes, de fantasmes, de résistance et de délinquance. Fiers de ne pas vivre totalement selon les règles établies. «We don’ t need your education», proclament-ils chacun à leur manière. Fiers d’une petite histoire qui n’appartient qu’à eux, loin de la grande Histoire ou en parallèle avec Elle. Des petites histoires qui se sont créées à même le dérisoire du quotidien et qui portent en elles toutes les luttes, les espoirs, les peurs, la trivialité de chaque vie. Des endroits où il n’y a pas d’Humanité mais des hommes qui ont arraché à la nature implacable, de peine en misère, le droit à l’existence. Leur lieu en devient moins commun, parle d’une vérité essentielle qui échappe au pouvoir du consensus. Maquisards, flibustiers, contrebandiers, magouilleurs, héros à la petite semaine, anarchistes sans slogans ni banderoles, qu’on voudrait nous apprendre à détester, mais qui ont été et sont encore, des petits grains de sables qui empêchent les rouages du pouvoir de nous broyer complètement.

dimanche 30 août 2009

United States here we come! New York, keep moving!

Premières heures du premier jour et l’inévitable motel au milieu de nulle part. Indéniablement pratique: pendant qu’on règle l’air climatisé avec un pied, on ouvre le frigo avec l’autre, ce qui laisse une main libre pour le contrôle à distance de la télé et l’autre pour vérifier la température de l’eau du bain. Que demander de plus? Et aussi inévitable, le truck stop à côté et la voie ferrée un peu plus loin. Mais comme Glenmont n’est même pas sur la carte, il ne faut quand même pas être trop regardant. Mais avant tout, premier arrêt où? À à peine 1 kilomètre de la frontière, McDonald, évidemment! We have paid our tribute to american civilisation.

Le lendemain, une longue route sans grand intérêt. Sans intérêt? Allez savoir! Je ne vois rien autour de moi, je compte les milles et les heures avant la folie. Tout ce que je sais, c’est que nous suivons la route 9W south, que je dois surveiller parce qu’elle s’échappe parfois à un tournant si nous avons un moment d’inattention. Qu’est-ce qui m’a prise d’avoir envie de New-York? Je pourrais dire que c’est seulement pour faire plaisir à mon chum, mais je mentirais. C’est simplement qu’aborder une grande ville me terrorise: chaque fois: j’ai l’impression d’être engloutie. Alors, un monstre comme New-York… Parce que quoiqu’on en dise, c’est un monstre. Regardez-la sur la photo, plus bas, toutes dents dehors, prête à me dévorer. Pauvre de petite moi, avec seulement un parapluie pour me défendre.

Weehawken

À l’entrée de Greenwich Village

Le Lincoln tunnel m’aspire, impossible de résister. Impossible de ne pas penser qu’on y est enfermés avec des camions d’essence ou de je ne sais quoi de toxique et inflammable; c’est l’alerte orange, Ben Laden est sorti de son trou la veille, en l’honneur du discours d’Obama au monde musulman. Brrrr!!!!

Le tunnel m’éjecte comme un anus hyperactif, prrrt!, splouch! Wouah-ah-ah-ah-ah! Une crotte portée par le flot: on n’entre pas dans Manhattan, on est flushé dans Manhattan. Keep moving. Il est 5 heures. Les voitures vous poussent au cul. Keep moving. Les policiers vous sifflent, vous hurlent: keep moving. Les klaxons vous assourdissent: keep moving. Les piétons se ruent au feu vert. Keep moving. Un camion décide d’emprunter la voie où vous êtes, exactement où vous êtes coincés. Keep moving. Les sirènes se rapprochent. Keep moving.

Alors, vous avancez, accroché au tableau de bord, en essayant d’attraper parmi les centaines de panneaux de toutes sortes où vous en êtes des rues et des avenues et d’éviter de vous engouffrer dans un sens unique. Keep moving. No parking, no stopping, The Best Pizza in Manhattan, Keep left, Keep right, Buses only, 37th avenue north ou est-ce east, Big Summer Sale, Bagels and Pretzels, Government sucks, Fifth avenue, I love the Big Apple. No Access. $300.00 fine for honking. Keep your mouth shut and keep moving. 17th street north, vous approchez. 17th south, non pardon west, vous y êtes. Étourdi mais encore vivant… peut-être. Vous stationnez la voiture pour prendre le temps de descendre vos bagages à l'hôtel. No parking, Contravention. Keep moving, sucker!

Nous ne sommes pas allés voir Ground Zero. Pourquoi? Il y a bien quelques traces ici et là, des tuiles peintes par des enfants, un mémorial dans une rue moins fréquentée, mais c’est fini, c’est passé, Manhattan has kept moving. La seule différence à mes yeux? Il n’y a plus cette agressivité envers les policiers qui m’avait tant étonnée la première fois que j’y étais allée. C’est cher payer le respect.

Pour le reste, nous nous sommes promenés et j’ai finalement saisi le vrai sens du mot overwhelmed. OUF!… Je crois bien qu’un semaine sur mon petit coin de perron devant l’hôtel m’aurait déjà donné de quoi écrire deux romans. J’y ai découvert comment reconnaître un vrai New-Yorkais. Si:

1- Vous êtes capables d’aller d’un point A à un point B, en suivant une ligne parfaitement droite sur un trottoir surpeuplé, en ayant un conversation cohérente au cellulaire que nous tenez d’une main et sans renverser le méga café que vous avez dans l’autre main, vous êtes un vrai New-Yorkais.

2-Si vous gardez votre rythme de marche quand vous traversez une intersection et qu’un taxi vous frôle pour vous faire avancer plus vite, vous êtes un vrai New-Yorkais.

3-Si vous traversez Union Square sans même jeter un regard aux 15 voitures de police qui viennent d’arriver en trombe tous gyrophares et sirènes dehors, vous êtes un vrai New-Yorkais.

4-S’il y a un tournage au centre-ville qui bloque une dizaine de rue dont une artère majeure et que vous n’êtes pas sur un coin, la bouche ouverte et les yeux exorbités pour voir si vous n’apercevriez pas une tête connue, vous êtes un vrai New-Yorkais.

5-Enfin, si vous arrivez à faire passer de front un autobus et un camion de déchets sur une rue à deux voies où déjà sont stationnés, de part et d’autre, une van et un SUV, vous êtes un vrai New-Yorkais.

Moi, j’affirme que j’ai du chemin à faire et pas seulement les 600 milles qui séparent Montréal de Manhattan.

Vivement le bord de mer!

dimanche 24 mai 2009

Le théâtre de ma vie (suite) et les dumb blonds, ça existe vraiment, je l’ai vu à la télé..

Je ne sais pas exactement où je m’en vais, mais je commence à y voir un peu plus clair. L’homme, qui s’appelle maintenant, le Che est le geôlier de la femme dont le nom a été bouffé par les rats mais il doit la garder en vie, parce que si elle meurt, il prend sa place.

Je verrai bien demain, ce que je peux faire de ça. Il faudrait que j’imprime parce que je vais finir par me perdre.

**********************************************

Dans ce qu’on écrit, il y a les choses qu’on a vécues et ce qu’on vit est teinté par ce qu’on écrit. Le réel et la fiction se rencontrent, parfois par hasard, parfois parce qu’on l’a voulu, et d’autres fois parce que tout cela mijote et macère dans un coin obscur de notre cerveau, jusqu’à prendre un sens. C’est Boris Cyrulnik qui parle dans un livre extraordinaire du besoin de donner un sens. Avec ma petite histoire de vie, sans grande envergure, je me suis souvent demandé à quoi j’avais tellement besoin de donner un sens. Je n’en sais rien mais comme je n’ai et ne veux ni Dieu, ni morale, ni patrie, j’écris.

Pourtant, il y a des choses, je les écrirais jusqu’à ce que les bras m’en tombent, je les vivrais jusqu’à ce que mort s’ensuive et je n’arriverais pas à leur donner un sens.

******************************************************

Vu à la télé: une émission complètement tordue et perverse, dont j’ignore le titre, mais qui doit sûrement porter quelque chose de ronflant et de bien-pensant du genre Je grandis au contact de l’autre. Une espèce de blondinette insignifiante, dont on a envie de dire qu’elle a le type aryen avec tout ce que ça peut comporter de sous-entendus douteux, et dont on dira qu’elle incarne parfaitement le prototype de la banlieusarde qui n’est jamais sortie de son patelin, (c’est une émission sur les préjugés après tout), va à la rencontre d’un Noir de qui elle pense d’emblée qu’il est paresseux, inculte, vaguement ou carrément criminalisé et qu’il se complaît dans un rôle de victime. Du coup, il se retrouve à avoir à porter sur ses épaules la tâche de se justifier aux yeux de la twit de service. Rien n’y fait. Il la promène un peu partout, il l’emmène s’encanailler un peu dans une soirée hip-hop, rien ne décoiffe la fadasse jusqu’à ce qu’elle rencontre la sœur du garçon, dans sa mini van ni trop cheap ni trop rutilante et son impeccable cuisine plus blanche que blanc, qui la convaincra que, peut-être, tous les Noirs ne sont pas des cas désespérés puisque certains sont «comme nous». Mais tout de même, notre joliette garde un doute, d’autant plus, dit-elle, qu’ils se complaisent à jouer les victimes… Ecœurant…

Je sais, ce n’est pas le même médium ni le même diffuseur, mais je pose tout de même la question: comment se fait-il qu’on perde l’émission de Gregory Charles pour se retrouver avec de pareilles aberrations?

*****************************************************

Le Che recommence à fouiller la poussière, à fureter dans tous les coins. Il trouve une tête recouverte d’une perruque qu’il pose sur les genoux de la femme.

Le Che: Marie-Antoinette c’est un joli nom.

La femme pose la perruque sur sa tête. Elle frappe des mains.

La femme: Qu’on m’apporte un miroir!

Le Che mime le geste de tenir un miroir devant elle.

La femme: S’ils n’ont plus de pain, qu’ils mangent de la brioche.

Elle répète la phrase sur plusieurs tons et de plusieurs façons:

La femme: S’ils n’ont pas de pain qu’ils mangent de la brioche. S’ils n’ont plus de pain, donnez-leur des brioches. Ils n’ont pas de pain? Qu’ils mangent des gâteaux. Ils sont trop pauvre pour se nourrir, qu’ils mangent de la marde.

*********************************************************

dimanche 10 mai 2009

Le théâtre de ma vie (suite) et pourquoi je n’irai pas voir Dédé à travers les brumes

Un homme entre. Il va vers un lavabo déglingué, à côté d’une toilette sans lunette, il ouvre le robinet, passe la main sous l’eau, la renifle, grimace et s’essuie au mur. La femme chantonne toujours.

L’homme: Ta yeule!

Il parle sur ton neutre, sans la moindre trace d’émotion.

La femme: Aurions-nous été présentés pour qu’ainsi vous me tutoyiez?

L’homme: Salope!

La femme reprend son chantonnement.

L’homme: J’ai dit: ta yeule.

Toujours sur le même ton, sans se retourner vers la femme. Elle se tait boudeuse. Elle balance les pieds et frappe des mains sur le rythme de sa chanson, les chaînes tintent. Peu à peu le bruit devient assourdissant. La femme hurle, l’homme s’approche et la gifle, elle ne pare pas le coup. Silence.

La femme: Ayoye!

Entre moquerie et lassitude.

*****************************************************

C’est bien beau tout ça, mais où je m’en vais ensuite? Seulement des images, pas de plan, pas d’idée maîtresse, pas d’idées tout court. Je les vois aussi prendre le thé dans des tasses de porcelaines fines, le petit doigt dans les airs. Tu parles! Quelqu’un peut-il me dire comment je vais arriver à ploguer ça? Aucune idée. On verra bien. On verra bien qu’on ne verra rien, oui…

*************************************************

Manière de faire un peu taire l’angoisse, à laquelle il faudra bien que je fasse face, mais pas tout de suite, j’écoutais en boucle Dehors novembre. Vous me direz qu’on peut trouver mieux, dans le genre anti-dépresseur, ce n’est pas ce qu’on trouve de mieux. D’autant plus que, maso comme personne, il faut toujours que j’écoute cette chanson plus d’une fois. C’est un bijou: comme l’émeraude ou le diamant, d’ailleurs, elle brille sur fond de misère, de douleur et de mort.

****************************************************

La femme: J’ai quel âge tu penses?

L’homme: Vieille.

Il se retourne, la regarde longuement.

L’homme: Vieille pis moche.

La femme: Merci. Toi, t’es jeune et beau… Dans le genre débraillé. Ta fly est ouverte.

L’homme se penche, essaie de voir, vérifie avec la main.

L’homme: Crétine.

La femme sourit.

La femme: T’es ici pourquoi, toi?

L’homme: Vol d’identité.

La femme: C’est quoi ton vrai nom?

L’homme: Che Guevara. J’ai essayé de me faire passer pour Jos Bleau, pis ça pas marché.

La femme: Enchantée. Moi, j’ai perdu le mien. Il doit traîner en quelque part dans un coin.

L’ homme cherche un peu partout, déplace la poussière du pied.

L’homme: Désolé, je trouve pas.

La femme: C’est rien. C’est sûrement les rats qui l’ont bouffé.

************************************************

J’ai trouvé le titre: Ne donnez jamais votre nom à bouffer aux rats ni votre langue aux chats. Pas mal.

*************************************************

Je dirai un autre fois pourquoi je n’irai pas voir le film sur Dédé Fortin. Ou je ne le dirai jamais, c’est sans importance. Pour lui, du moins, là où il est, au moins plus rien ne peut l’atteindre.

dimanche 3 mai 2009

Le théâtre de ma vie

Une image me trotte dans la tête depuis deux jours, qui serait le début de quelque chose. Quelque chose d’extrêmement violent et, je crois, absolument dénudé de sens premier. Pas une histoire mais un tableau, figé dans le temps, immobile, éternel, sombre.

***********************************************

Une chaise de bois immense, de la même couleur que la scène dont le décor principal serait la poussière et la crasse. Une femme est enchaînée aux montants de cette chaise par les poignets et les chevilles. Elle aussi est poussiéreuse et crasseuse. C’est d’abord une silhouette floue dans la pénombre. Coup de tonnerre, lumière blanche aveuglante qui balaie la salle et vient se lover sous la chaise. Long silence. Et la voix de la femme qui chantonne une berceuse en dodelinant de la tête.

***************************************************

Google, au secours! Une berceuse, mais laquelle? Évidemment, vous pensez à la sinistre Rock-a-bye baby mais il y a plusieurs années vous avez travaillé sur un projet où vous l’avez utilisée. Et ce n’était pas votre idée!… Out goes Rock-a-bye. Vous farfouillez dans les lullaby lyrics, la plupart sont trop longs et vous n’en connaissez pas les airs. Petite incursion dans les lullaby partitions mais vous lisez mal la musique, ça ne vous avance pas. Une seconde l’idée vous vient de trouver un piano électronique pour voir. Trop compliqué. Fuck la berceuse, on verra plus tard.

Et alors vous vient la grande question que se pose le Québec cent fois par jour: pourquoi en anglais? Parce que c’est comme ça, merde!

Bon, j’en étais à la tête qui dodeline et après? Après, je ne sais pas. Vous êtes dans le métro par un après-midi pluvieux, vous ne dodelinez pas de la tête, vous dégoulinez parce que les parapluies, ce n’est pas votre truc. Vous avez fini votre livre et il ne traîne sur les bancs que des 24 Heures avec lequel vous refuseriez même de vous torcher. Votre IPod est mort et il ne se passe rien d’intéressant autour de vous. Alors, vous ne savez d’où, vous vient cette image, accompagnée d’un sentiment d’angoisse qui vous plie presque en deux. Qui vous hanteront tant que vous n’aurez pas fait quelque chose avec eux, vous le savez. Mais quoi?

Qu’est-ce qui arrive après la tête qui dodeline? Il y a des courses à faire, des pissenlits à arracher sur le terrain de toute urgence et je suis rendue au tableau 44 du Bejewelled, alors, la suite, bien ce sera pour la prochaine fois.

lundi 20 avril 2009

Des nouvelles de mon monde

L’orgasme: Un gros merci à Pierre Lapointe pour quelques secondes de perfection, quelques minutes de pur bonheur et une heure et demie de plaisir sans mélange. Mutantès comme on se donne et s’abandonne à l’amour.

Et la débandade: le truc marketing des 15 chansons pour les premiers acheteurs et des 12 pour les autres, pour le lancement de son disque, me frustre à la limite de l’écoeurement, au point de me demander si je l’achèterai, finalement. Aussi bien attendre de pouvoir le télécharger sur internet gratuitement, je serai certaine de les avoir toutes. Et ne me dites pas que ça ne sera pas possible, en cherchant bien, probablement que dès aujourd’hui, avant la sortie, on peut mettre la main dessus. Je déteste me faire traiter en groupie, je suis fatiguée de ces manipulations tellement grossières qu’elles en deviennent insultantes. Je vais m’essayer parce que je lui en dois vraiment une, mais si je ne mets pas la main sur le spécial pour les fans, il restera sur la tablette, merci! Dans la même veine, je ne sais pas s’il a changé de gérant ou de faiseur d’image, mais son trip de «j’étais baveux mais je le ferai plus et j’ai fait un disque triste mais je le ferai pus», c’est pas ça, ça ne colle pas, ça sonne trop «faut pas choquer la matante, c’est elle qui a le cash pour venir voir mes shows» La matante est pas contente. Arrogant, j’aime bien, petit comptable de province ratoureux, beaucoup moins.

Un message aux cathos: s’il vous plaît, faites quelque chose avec votre Pape. Je ne sais pas moi, empaillez-le le bras dans les airs et mettez-le sur son balcon ou flanquez-le dans sa Tata mobile blindée et surtout insonorisée; l’infaillible tata pourrait continuer à faire ses tatas sans être trop nuisible. Les pigeons du Vatican en seraient fort ravis.

Star Académie: le Québec retient son souffle: qui des clones hurleurs sera éliminé et qui l’emportera et quoi des seins ou des lèvres de Julie Snyder explosera en premier?

Crise économique: il faudrait bien m’expliquer comment une poignée de dits gestionnaires payés à coups de millions, qui n’ont pas vu venir la faillite et quittent le bateau en courant, avec tous les canots et les gilets de sauvetage bourrés des millions qui restent, ont l’indécence de hurler que c’est la faute des travailleurs trop payés quelques dizaines de milliers de dollars pour fabriquer des produits qui eux fonctionnent plutôt bien, et qu’on les croit encore.

Crise économique prise 2: je propose la candidature de ma belle-mère comme conseillère spéciale à tous les comités, caucus, gouvernements en panique, voire à la banque mondiale, si nécessaire: elle a élevé, nourri, vêtu et éduqué très correctement 9 enfants, dans un environnement plutôt sain et adéquat, avec un revenu minime et sans jamais s’abaisser à aller quêter quoi que ce soit à qui que ce soit. Son secret? Elle sait compter: pour elle deux plus deux fait quatre et non «zéro pour le livre de compte et plus six que j’empoche». Elle sait tenir un budget et n’imprime pas d’argent sur des torchons quand il vient à manquer. Elle n’a qu’une devise, simple et efficace: no non sense. Pensez-y!

Vu au centre-ville: une voiture de police avec un poisson d’avril au derrière.

La matante est contente: eh oui, je l’ai acheté le disque de Pierre Lapointe. L’édition limitée, évidemment. Et je suis désolée d’apprendre au 15,001 acheteur qu’il va rester en suspens, hagard et le souffle court, un peu comme le téléphone qui sonne ou dégringoler en bas du lit au moment où le corps gorgé d’amour prend son envol. La critique avait dit de Mutantès que c’était un spectacle froid, trop cérébral ou le concept prenait le pas sur l’émotion. C’était plutôt une distance un peu brechtienne qui donne toute la place aux mots, aux images, aux sensations, à la musique qui prennent peu à peu toute leur place, s’installent pour finalement paver le chemin à l’émotion. C’est la même chose pour le disque, d’où probablement cette impression que la version courte est tronquée. Et toute cette promo est encore plus tordue qu’il n’y paraît puisqu’elle promet en plus un cadeau, qui n’est que l’accès au site internet de Pierre Lapointe, où tu peux aller de toutes façons et où on a accès à deux chansons supplémentaires, qui sont sur le deuxième disque de toute façon. J’ai manqué quelque chose quelque part.

Vu à Télé-Québec: un documentaire sur les crottes. Crottes des humains, des animaux, des insectes; celles qu’on chie, évidemment, leur forme, leur couleur, leur consistance, mais aussi celles qu’on mange, qu’on boit, qu’on sculpte, qu’on brûle, dont on se vêt ou se maquille. Les mille et un usages de la merde. Passionnant et amusant.

J’ai entrepris la lecture de l’Histoire populaire des États-Unis de Howard Zinn: complètement déprimant. Misanthropes s’abstenir.

Découvert: le groupe Evangelista. Superbe et parfaitement indigeste. À écouter loin des ponts, mettre ses lames de rasoir et tous produits toxiques sous clef et vider le réservoir d’essence de sa voiture avant de consommer. À éviter les dimanches pluvieux et les jours de vague à l’âme.

samedi 28 mars 2009

Harper est-il un lobotomisé sur deux pattes? Les Anglaises crient-elles quand elles baisent? Jean-François Mercier est-il un vrai gros cave?

Voilà qui aura occupé les premiers mois de ce glacial hiver. Les esprits, eux du moins, ont réussi à s’échauffer même si on se les gelait. Je suis un peu beaucoup en retard pour mettre mon grain de sel, la neige est presque fondue, mais quelle importance? Il n’y avait tout de même pas de quoi à renvoyer une marmotte dans son trou. À mon avis, Jean-François Mercier est un vrai gros cave en permanence ou à l’occasion, ce qui en soi n’est pas bien grave et même pas une insulte, puisque nous en sommes tous là, plus ou moins souvent. Le pathétique est de le revendiquer à la face du monde. C’est le lot de notre boulimie de reality shows; on bouffe sans faim les boires et déboires de gens «ordinaires», dans ce qu’ils ont de moins reluisant, pour mieux les vomir et après, se sentir plus propres. Mais en fait, ce que nous avons surtout vu le soir du Bye-Bye, c’est un très mauvais comédien (dix minutes de Virginie me faisant pencher pour cette hypothèse) ou un comédien très mal dirigé, dont la prestation était du niveau du mononc’ qui a trop bu, et qu’on voudrait gaver de gros gin à l’entonnoir pour l’achever et pouvoir continuer le party. Incapable de donner ne serait-ce qu’un peu de densité à un texte facile et bâclé, au diapason d’ailleurs d’à peu près tout le reste de l’émission.

J’ai horreur qu’on prétende me faire réfléchir, je suis très bien capable de le faire toute seule, mais il y a tout de même des limites à la vacuité. Être niaiseuse et insignifiante, je fais ça très bien toute seule aussi, surtout un soir de fête. Et les mononc’ et autres beaufs soûls, arrivée au soir du Jour de l’An, la plupart d’entre nous en avons déjà eu notre dose, merci!

Ce n’est de toute évidence, donc, pas l’émission elle-même qui m’a traumatisée au point de hanter mes pensées depuis trois mois. C’est la suite des événements, et ce, sans vrai rapport avec la chose elle-même, qui m’a dérangée, quand le grand champion de la cause des Noirs s’est mis à hurler au racisme. Pas que j’en aie fait grand cas non plus, il est de ces gens qui sont perpétuellement à côté de la question, aussi pertinente soit-elle. Mais chaque fois que la question du racisme se pose, je fais un brutal retour en-arrière avec un lancinant sentiment de malaise. J’espère bien avoir depuis longtemps échappé au syndrome de la race supérieure, et que toute la honte et le dégoût de moi-même, qui a été le lourd héritage des belles valeurs dont mes présomptueux éducateurs m’ont gavée, auront au moins servi à m’en sevrer.

Chaque fois que la réalité m’a rattrapée, chaque fois que j’ai été confrontée à la bêtise que j’avais gobée, sans discrimination, par peur d’être rejetée, par besoin d’être aimée et approuvée, j’ai eu honte à vouloir mourir. Et ce ne sont pas des mots, j’énonce un fait tout simplement. Il y avait bien eu quelques doutes, quelques soubresauts, mais c’est aux abords de l’adolescence que j’ai eu mon premier grand choc: un beau jour, un professeur bien intentionné (ah les bonnes intentions, que de saloperies on entretient en leur nom) a décidé de nous conscientiser à la Cause des Noirs Abusés, Exploités, Violés, Lynchés, Torturés, Assassinés. Les majuscules crépitaient en éclairage au néon dans sa petite cervelle qui baignait plutôt généralement dans une atmosphère feutrée, du genre éclairée à la deux watts en mode économie d’énergie. Elle nous fait donc visionner un film dont j’oublie le titre mais dont le contenu m’aura marquée à vie pour plus d’une raison et pas nécessairement de la bonne façon.

Au milieu, je me tape une de ces crises d’hystérie dont j’avais le secret à l’époque quand on me perturbait. J’échappe de justesse à la gifle mais le prof m’engueule comme du poisson pourri, incapable de comprendre pourquoi je tourneboulais ainsi l’étale de la bonne conscience ambiante. Le bon ton aurait toléré et hautement approuvé une petite larme, essuyée furtivement du bout du doigt, mais pas ce torrent de cris, de pleurs, de bave et de morve. Il faut savoir se tenir tout de même! Moi, je ne savais pas et confrontée à l’intensité des émotions que je vivais, je l’aurais su que ne ne l’aurais pas pu. Sans le savoir, je venais de passer de l’ignorance bornée à la complaisance et la condescendance, qui même si elle lui donne une apparence plus sophistiquée, n’en sont pas moins tout aussi dommageables. J’ai mis très longtemps à m’en rendre compte.

Quelques années plus tôt, j’avais réussi à force de terreurs nocturnes, de crises de larmes sans raisons apparentes et de problèmes comportementaux mentaux de toutes sortes, à faire taire ce qu’avait provoqué en moi la découverte de la torture, mais là tout revenait en trombe et plus encore. Mon monde, déjà fissuré de partout, s’est écroulé d’un coup. Comment ces choses-là pouvaient-elles exister? Comment des gens qui prétendaient me protéger pouvaient-ils laisser faire de telles choses et plus encore, me les donner à voir avec un certain sentiment de satisfaction? Et les encourager pour certains? Si j’étais idiote, je n’étais pas sourde: à l’école, à la maison, dans mon voisinage, j’entendais tous les jours, quand ce n’était plusieurs fois par jour, des propos, des commentaires, des raisonnements qui menaient directement, poussés au bout, à ce que je venais de voir. Et qui m’y menaient allègrement.

Qui étaient donc ces gens que je croyais aimer et qui exigeaient de moi confiance et respect? Quel était donc cet univers dans lequel je vivais qui se croyait le pouvoir et la justification de refuser le droit à certains êtres humains d’être des hommes? Qui étaient-ils donc sous la couche de vernis qui les avait tant fait briller à mes yeux? Comment pourrais-je encore me tolérer moi-même d’appartenir à cette caste de bouchers dégénérés? J’étais née d’eux, j’étais eux, quels vers couraient donc sous ma peau? En quelques minutes, je suis devenue une furie. On appelle ça la crise d’adolescence et on met la chose sur le compte des hormones, comme c’est pratique… Et de ce jour, je me suis méfiée de moi-même à tous les instants.

Je ne dramatise pas mon histoire avec le recul pour la rendre intéressante. Dans les mois qui ont suivi, j’ai découvert Auschwitz, Treblinka, Hiroshima et Nagasaki, le Ku Klux Klan, les veuves blanches de l’Inde, et des choses beaucoup plus près de moi, beaucoup trop près: le jeune garçon qui s’est fait enculer avec un manche à balai dans un parc proche parce qu’il était efféminé, la copine que nous re-violions tous les jours en l’excluant, parce que nous avions peur de ce qui lui était arrivé, et nos parents qui nous y encourageaient, la voisine qui mettait le feu dans la poubelle des premiers Noirs du quartier en affirmant que leurs déchets puaient trop et pouvaient transmettre la malaria ou la grippe espagnole. Une violence sournoise qui couvait partout et dont on était presque fiers. «Je me tiens deboutte, moé, y a en pas un de ceuses-là qui va me dire de quoi-cé faire dans mon propre pays! Chus normal, moé, les malades qu’y se fassent soigner, pis les importés qu’y restent che-zeux! Pis quand y pusent, qu’y se lavent, y a du savon plein les magasins icitte!»

Je ne dramatise pas mon histoire, j’essaie simplement de refaire le chemin du début parce que trop longtemps, j’ai voulu croire que la rancune, la colère et la honte m’avaient protégée des germes qu’on m’avait inoculés. Je refais le chemin du début parce que j’ai découvert que c’est vrai que la colère égare. J’ai fait un grand détour mais j’ai parfois peur qu’au bout, je ne trouve finalement que l’horizon noir qu’on m’avait dessiné sur un ciel de carton pâte. Parce que j’ai été et je suis encore trop lâche pour ouvrir mes propres sentiers.

J’ai voulu croire que je pouvais réécrire ma vie à l’encre du mépris, que toute cette colère me mettait à l’abri. Alors pourquoi m’arrive-t-il encore de m’étonner qu’un Noir qui réussit s’achète une Audi plutôt qu’une Cadillac rose (qui n’existe d’ailleurs plus depuis des décennies et de plus, la seule personne que j’aie connue qui en ait eu une était blanche comme la neige)? Pourquoi, quand j’ai été référée récemment, dans une grande firme, au patron du patron, ai-je été étonnée de voir arriver une Noire dans la trentaine? Quels vieux réflexes me sont restés pour que j’aie accepté aussi longtemps qu’on cible la nouvelle pour finalement ne me présenter que des dirigeants Noirs aux allures de rois nègres, à la sauce des documentaires sur l’Afrique, que nous regardions à une époque, grande noirceur obligeant, pour nous émoustiller sur un mamelon ou l’ombre d’un testicule? Même notre gouverneure générale, belle, cultivée, taillée sur mesure pour le rôle, n’y a pas échappé depuis sa nomination. Pourquoi, venant d’elle, d’avoir accepté ce poste a pris l’allure d’une trahison à l’échelle nationale? Pourquoi le ton de mépris à la limite du dégoût, quand on en parlait? Qu’a-t-elle tant fait? Tué quelqu’un? Mangé de la chair humaine? Violé un bébé? Qu’est-ce qui nous a tant dérangé: le poste qu’elle a accepté ou le pouvoir et la position sociale qu’il lui confère? Même Michèle Richard, chiant sur un tapis de hall d’hôtel, n’a finalement encouru rien de pire que des moqueries amusées.

Est-ce que je crois encore, loin, très loin au fond de moi, que c’est ma «blancheur» qui confère à mes amis et connaissances d’autres races et couleurs, intelligence, raffinement et culture? Que le message «si tu l’aimes, c’est qu’il n’est pas comme les autres» s’est imprimé en moi à tout jamais? Évidemment, je veux croire que non mais je méfie de moi-même, parce que c’est une attitude que je retrouve partout et qu’on se complaît à trouver normale. Je me méfie de moi-même parce que, comme tout le monde, je ne sais pas jusqu’où je peux aller dans la compromission pour être aimée ou pour simplement en entretenir l’illusion. Je me méfie de moi-même parce que j’en suis à ce moment de ma vie où on se demande à quoi on a abdiqué et jusqu’à quel point on a abdiqué pour n’avoir pas à affronter la solitude qui, de toute façon, est la seule vérité dans l’histoire d’une existence.

Je dédie ce texte à celle à qui j’aimerais confier ces peurs et ces doutes et avec qui je n’en parlerai jamais parce que… je me méfie de moi-même. C’est le seul moyen que j’aie trouvé de museler les fantômes qui ont hanté les premières années de ma vie.

mercredi 7 janvier 2009

Des nouvelles de mon monde 4

Il neige et on se les gèle.

Un peu avant les Fêtes, un itinérant a eu la délicate pensée de crever de froid au milieu d'un parc: quelques jours plus tard, esprit de Noël oblige, entre la dinde et le dessert, juste avant le traditionnel «j'ai trop mangé, je déborde, je rentrerai pus dans mes jeans demain. Mais la bûche a vraiment l'air trop bonne.», nous avons pu nous apitoyer pour une bonne cause. Comme il a poussé le bon goût jusqu'à mourir, tout va bien, quand nous aurons fini de digérer, que nous serons retournés à nos petites vies étroites et bien organisées, nous pourrons oublier sans remords, il ne sera plus là pour nous rappeler nos quelques secondes de belles intentions. Exit le quêteux minable, accueillons les quêteux d'envergure, les vrais, les grands. Ceux qu'on admire, ceux qui exigent caviar et champagne quand on met le treizième couvert pour eux. Et qui n'en mourront pas, grand mal nous en fasse. On a les messies qu'on mérite. Ils passeront, le temps d'une nuit et ils partiront avant l'aube, le ventre et la poche bien pleins, sans un regard en arrière, sans même un merci. Sans merci.

Avec les surplus de la grande participation à l'économie et de la maigre protection de nos travailleurs, avec des millions grappillés à droite et à gauche au détriment de ceux qui en ont vraiment besoin, nous engraissons quelques parasites à coups de milliards, en leur demandant, s'il vous plaît, d'en engloutir au moins un peu pour essayer de relancer une industrie qu'ils ont eux-mêmes acculée à la quasi faillite, avant de quitter le bateau qui coule avec l'argenterie du bord, à titre de prime de départ.

Curieusement, ces insatiables assistés sociaux choisissent infailliblement la période des Fêtes pour tendre la main et, curieusement, chaque fois, l'argent que nous faisons pleuvoir dans leurs écuelles disparaît aussi vite, avec les emplois qu'ils devaient maintenir, l'industrie qu'ils devaient sauver, la filiale qu'ils devaient garder ouverte. Quand ce n'est pas eux-mêmes, incompétents jusqu'au bout, qui se font avoir par un BS encore plus goinfre qu'eux, encensé par les revues financières, adulé de tous les minables magnats à attaché-case de crocodile, qui les a tous embabouinés, sans même avoir à se soucier de maquiller ses fraudes, tellement ils sont congénitalement cons et prétentieux, ces trimardeurs à poche hypertrophiée, ces trous du cul offerts à n'importe quelle queue qui brille un peu.

Ils jouent nos vies à la Bourse et nous les laissons faire. Ils ont déménagé nos industries au Mexique ou en Chine et nous, tout contents de payer seulement un dollar des bébelles qui ne les valent même pas et qui ne servent à rien, tout excités de payer quelques sous de moins des vêtements qui ont fait le tour du monde et nous arrivent à moitié décousus, tout guillerets d'avoir enfin remis à leur place les hosties de syndiqués, les criss de bien-être social, les tabarnaks de socialisses et de quémandeurs d'artisses, nous en redemandons.

*********************************

Après six ans de guerre et combien de vies scrapées, l'ineffable Georges Bush a découvert à lui seul les armes de destruction massive des Irakiens: une paire de chaussures.

**********************************

Vu sur la place en face du palais des congrès: un groupe d'itinérants qui faisaient une bataille de balles de neige.

*********************************

Vous saviez que la CIA offre du Viagra aux «informateurs» afghans? De grandes perspectives d'avenir s'ouvrent enfin aux impuissants.

*********************************

Lu: le livre de Luck Merville. Intéressant: il est ben aussi chialeux que moi et pour ce qui est de tourner les coins carrés, si nous faisions un voyage en voiture ensemble, on se brasserait le canayen sur le chapeau des roues.

********************************

Palestiniens et Israéliens ont offert leur traditionnel feu d'artifices du temps des Fêtes. Non, je ne commente pas.

********************************

Je fais mes plus plates excuses à la bonne femme que j'ai fait chier pendant tout un trajet de métro parce qu'elle m'avait bousculée sur le quai pour passer devant moi pour avoir une place assise. C'est cheap, d'accord, mais maudit que ça fait du bien. Et je voudrais demander aux ados, s'il vous plaît, d'arrêter d'essayer de m'arracher mon IPod. D'abord, il est vieux et ensuite, si vous n'avez pas réussi après trois tentatives, faites-vous une raison et allez voir ailleurs. Merci.

Et, une fois pour toutes, je réponds à tous ceux qui me l'ont demandé: non, ce n'était pas des jeunes Noirs. Le premier et le plus violent d'ailleurs, aussi blanc qu'on peut l'être, et qui devait s'appeler quelque chose comme Tremblay ou Gingras, portait l'uniforme d'un collège privé huppé.

********************************

Sur ce, je souhaite à tout le monde et à eux aussi, une Bonne Année. Faisons un pied de nez à tous ceux qui nous en promettent une pourrie et que le malheur des autres fait bander.