
Ce n’est pas un hasard si je suis en train d’écouter Another Brick in the Wall pendant que je fais un retour aux North Carolina Outbanks. Le coup de cœur des dernières vacances. Il y a quelques endroits dans le monde où j’ai eu l’impression de rentrer enfin chez-moi, après des années d’errance: Marseille et les calanques, la Corse, les Îles de la Madeleine et depuis cet été, les Outbanks. Bien sûr, il y a la mer et toutes ses humeurs, une des rares choses pour laquelle j’ai du respect et qui me tient en respect: amie et ennemie indéfectible. Mais il y a autre chose que j’y ai trouvé: ce sont tous des pays de légendes, de fantasmes, de résistance et de délinquance. Fiers de ne pas vivre totalement selon les règles établies. «We don’ t need your education», proclament-ils chacun à leur manière. Fiers d’une petite histoire qui n’appartient qu’à eux, loin de la grande Histoire ou en parallèle avec Elle. Des petites histoires qui se sont créées à même le dérisoire du quotidien et qui portent en elles toutes les luttes, les espoirs, les peurs, la trivialité de chaque vie. Des endroits où il n’y a pas d’Humanité mais des hommes qui ont arraché à la nature implacable, de peine en misère, le droit à l’existence. Leur lieu en devient moins commun, parle d’une vérité essentielle qui échappe au pouvoir du consensus. Maquisards, flibustiers, contrebandiers, magouilleurs, héros à la petite semaine, anarchistes sans slogans ni banderoles, qu’on voudrait nous apprendre à détester, mais qui ont été et sont encore, des petits grains de sables qui empêchent les rouages du pouvoir de nous broyer complètement.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire