Il neige et on se les gèle.
Un peu avant les Fêtes, un itinérant a eu la délicate pensée de crever de froid au milieu d'un parc: quelques jours plus tard, esprit de Noël oblige, entre la dinde et le dessert, juste avant le traditionnel «j'ai trop mangé, je déborde, je rentrerai pus dans mes jeans demain. Mais la bûche a vraiment l'air trop bonne.», nous avons pu nous apitoyer pour une bonne cause. Comme il a poussé le bon goût jusqu'à mourir, tout va bien, quand nous aurons fini de digérer, que nous serons retournés à nos petites vies étroites et bien organisées, nous pourrons oublier sans remords, il ne sera plus là pour nous rappeler nos quelques secondes de belles intentions. Exit le quêteux minable, accueillons les quêteux d'envergure, les vrais, les grands. Ceux qu'on admire, ceux qui exigent caviar et champagne quand on met le treizième couvert pour eux. Et qui n'en mourront pas, grand mal nous en fasse. On a les messies qu'on mérite. Ils passeront, le temps d'une nuit et ils partiront avant l'aube, le ventre et la poche bien pleins, sans un regard en arrière, sans même un merci. Sans merci.
Avec les surplus de la grande participation à l'économie et de la maigre protection de nos travailleurs, avec des millions grappillés à droite et à gauche au détriment de ceux qui en ont vraiment besoin, nous engraissons quelques parasites à coups de milliards, en leur demandant, s'il vous plaît, d'en engloutir au moins un peu pour essayer de relancer une industrie qu'ils ont eux-mêmes acculée à la quasi faillite, avant de quitter le bateau qui coule avec l'argenterie du bord, à titre de prime de départ.
Curieusement, ces insatiables assistés sociaux choisissent infailliblement la période des Fêtes pour tendre la main et, curieusement, chaque fois, l'argent que nous faisons pleuvoir dans leurs écuelles disparaît aussi vite, avec les emplois qu'ils devaient maintenir, l'industrie qu'ils devaient sauver, la filiale qu'ils devaient garder ouverte. Quand ce n'est pas eux-mêmes, incompétents jusqu'au bout, qui se font avoir par un BS encore plus goinfre qu'eux, encensé par les revues financières, adulé de tous les minables magnats à attaché-case de crocodile, qui les a tous embabouinés, sans même avoir à se soucier de maquiller ses fraudes, tellement ils sont congénitalement cons et prétentieux, ces trimardeurs à poche hypertrophiée, ces trous du cul offerts à n'importe quelle queue qui brille un peu.
Ils jouent nos vies à la Bourse et nous les laissons faire. Ils ont déménagé nos industries au Mexique ou en Chine et nous, tout contents de payer seulement un dollar des bébelles qui ne les valent même pas et qui ne servent à rien, tout excités de payer quelques sous de moins des vêtements qui ont fait le tour du monde et nous arrivent à moitié décousus, tout guillerets d'avoir enfin remis à leur place les hosties de syndiqués, les criss de bien-être social, les tabarnaks de socialisses et de quémandeurs d'artisses, nous en redemandons.
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Après six ans de guerre et combien de vies scrapées, l'ineffable Georges Bush a découvert à lui seul les armes de destruction massive des Irakiens: une paire de chaussures.
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Vu sur la place en face du palais des congrès: un groupe d'itinérants qui faisaient une bataille de balles de neige.
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Vous saviez que la CIA offre du Viagra aux «informateurs» afghans? De grandes perspectives d'avenir s'ouvrent enfin aux impuissants.
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Lu: le livre de Luck Merville. Intéressant: il est ben aussi chialeux que moi et pour ce qui est de tourner les coins carrés, si nous faisions un voyage en voiture ensemble, on se brasserait le canayen sur le chapeau des roues.
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Palestiniens et Israéliens ont offert leur traditionnel feu d'artifices du temps des Fêtes. Non, je ne commente pas.
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Je fais mes plus plates excuses à la bonne femme que j'ai fait chier pendant tout un trajet de métro parce qu'elle m'avait bousculée sur le quai pour passer devant moi pour avoir une place assise. C'est cheap, d'accord, mais maudit que ça fait du bien. Et je voudrais demander aux ados, s'il vous plaît, d'arrêter d'essayer de m'arracher mon IPod. D'abord, il est vieux et ensuite, si vous n'avez pas réussi après trois tentatives, faites-vous une raison et allez voir ailleurs. Merci.
Et, une fois pour toutes, je réponds à tous ceux qui me l'ont demandé: non, ce n'était pas des jeunes Noirs. Le premier et le plus violent d'ailleurs, aussi blanc qu'on peut l'être, et qui devait s'appeler quelque chose comme Tremblay ou Gingras, portait l'uniforme d'un collège privé huppé.
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Sur ce, je souhaite à tout le monde et à eux aussi, une Bonne Année. Faisons un pied de nez à tous ceux qui nous en promettent une pourrie et que le malheur des autres fait bander.
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