dimanche 3 mai 2009

Le théâtre de ma vie

Une image me trotte dans la tête depuis deux jours, qui serait le début de quelque chose. Quelque chose d’extrêmement violent et, je crois, absolument dénudé de sens premier. Pas une histoire mais un tableau, figé dans le temps, immobile, éternel, sombre.

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Une chaise de bois immense, de la même couleur que la scène dont le décor principal serait la poussière et la crasse. Une femme est enchaînée aux montants de cette chaise par les poignets et les chevilles. Elle aussi est poussiéreuse et crasseuse. C’est d’abord une silhouette floue dans la pénombre. Coup de tonnerre, lumière blanche aveuglante qui balaie la salle et vient se lover sous la chaise. Long silence. Et la voix de la femme qui chantonne une berceuse en dodelinant de la tête.

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Google, au secours! Une berceuse, mais laquelle? Évidemment, vous pensez à la sinistre Rock-a-bye baby mais il y a plusieurs années vous avez travaillé sur un projet où vous l’avez utilisée. Et ce n’était pas votre idée!… Out goes Rock-a-bye. Vous farfouillez dans les lullaby lyrics, la plupart sont trop longs et vous n’en connaissez pas les airs. Petite incursion dans les lullaby partitions mais vous lisez mal la musique, ça ne vous avance pas. Une seconde l’idée vous vient de trouver un piano électronique pour voir. Trop compliqué. Fuck la berceuse, on verra plus tard.

Et alors vous vient la grande question que se pose le Québec cent fois par jour: pourquoi en anglais? Parce que c’est comme ça, merde!

Bon, j’en étais à la tête qui dodeline et après? Après, je ne sais pas. Vous êtes dans le métro par un après-midi pluvieux, vous ne dodelinez pas de la tête, vous dégoulinez parce que les parapluies, ce n’est pas votre truc. Vous avez fini votre livre et il ne traîne sur les bancs que des 24 Heures avec lequel vous refuseriez même de vous torcher. Votre IPod est mort et il ne se passe rien d’intéressant autour de vous. Alors, vous ne savez d’où, vous vient cette image, accompagnée d’un sentiment d’angoisse qui vous plie presque en deux. Qui vous hanteront tant que vous n’aurez pas fait quelque chose avec eux, vous le savez. Mais quoi?

Qu’est-ce qui arrive après la tête qui dodeline? Il y a des courses à faire, des pissenlits à arracher sur le terrain de toute urgence et je suis rendue au tableau 44 du Bejewelled, alors, la suite, bien ce sera pour la prochaine fois.

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