Une petite semaine comme les autres. La neige souillée de vomissure et de sang. On passe à côté, il le faut bien. En se disant qu'on n'y peut rien. Parce que mon monde a fait ses choix. Nous avons choisi d'engraisser des messies bancals et des fils à papa. Nous aimons que nos assistés sociaux aient de l'envergure et du panache. Nous voulons nos riches vraiment riches et, surtout, nos pauvres vraiment pauvres, c'est la grande loi de l'Économie de marché, garante de bien-être et de prospérité, nous affirme-t-on sans rire. Prospérité pour qui, dites-moi?
Ce n'est que quand tous les oubliés de la fortune sont à la rue que nous cessons d'avoir peur d'être exploités. Et encore! Pour certains, se faire demander de la monnaie par un d'eux relève, semble-t-il, de la tentative d'extorsion. Pourtant, leur échec est mon échec. Non que je m'en sente responsable, mais ce dont je suis responsable, c'est de vivre dans une société qui veut croire la pauvreté inévitable. Qui se nourrit d'elle. Parce qu'y échapper n'est pas une question d'échec ou de réussite. Nous sommes tous de pauvres bougres, le reste est en grande partie une question de circonstances. Certains sont au bon endroit au bon moment, pour d'autres la vie est une interminable errance. Croire s'être hissé au-dessus du lot seulement par nos propres moyens, par la force des poings ou de l'intelligence, est pure illusion. La notion de mérite est pure illusion. Chacun entretient les siennes à sa façon, accroché à son nuage. Les nuages du destin rampent, poussés vers la mort par un vent mauvais.
Ce n'est que quand tous les oubliés de la fortune sont à la rue que nous cessons d'avoir peur d'être exploités. Et encore! Pour certains, se faire demander de la monnaie par un d'eux relève, semble-t-il, de la tentative d'extorsion. Pourtant, leur échec est mon échec. Non que je m'en sente responsable, mais ce dont je suis responsable, c'est de vivre dans une société qui veut croire la pauvreté inévitable. Qui se nourrit d'elle. Parce qu'y échapper n'est pas une question d'échec ou de réussite. Nous sommes tous de pauvres bougres, le reste est en grande partie une question de circonstances. Certains sont au bon endroit au bon moment, pour d'autres la vie est une interminable errance. Croire s'être hissé au-dessus du lot seulement par nos propres moyens, par la force des poings ou de l'intelligence, est pure illusion. La notion de mérite est pure illusion. Chacun entretient les siennes à sa façon, accroché à son nuage. Les nuages du destin rampent, poussés vers la mort par un vent mauvais.
Ma ville est laide, hantée par des zombies qui ont laissé tuer leurs rêves et leurs espoirs par des apprentis-sorciers sans envergure, par des vampires d'opéra bouffe, qui boivent goulûment le sang qu'ils leur offrent.
Ma ville est laide d'autant de pus et de scories. Coulisses d'urine qui sèchent sur les murs. la pluie les fera disparaître. Ma ville est laide parce qu'elle est à mon image, à notre image, à l'image de nos dieux.
Ma ville est laide d'autant de pus et de scories. Coulisses d'urine qui sèchent sur les murs. la pluie les fera disparaître. Ma ville est laide parce qu'elle est à mon image, à notre image, à l'image de nos dieux.
Balayer son petit bout de trottoir, ouvrir son petit bout de chemin, qu'est-ce que ça change puisqu'on crée ce qu'on combat?
Je me suis vertement fait reprocher de traiter sans états d'âme avec des femmes lourdement voilées, on m'a dit que j'étais lâche et sans valeurs; mais qui donc se scandalise de cet incessant défilé de va-nu-pieds désemparés? On nous vend nos causes et nos principes, comme le reste et nous usons nos forces à battre l'air de nos poings. On m'a affirmé sans ambages que ces femmes, j'aurais dû les renvoyer à leur misère pour crime de non conformité, au nom de l'abus qu'elles subissent. Au nom d'une culture, la culture de l'ostracisme et du rejet, quand l'outrage est trop évident, de l'ignorance, du mépris et de l'indifférence, quand il se perd dans la grisaille du décor. À quoi peut donc servir de stigmatiser la victime sinon à conforter le bourreau?
Ma ville est d'autant plus laide que ses habitants veulent se croire civilisés. La civilisation, ce n'est pas un Quartier des Spectacles, qui à peine à moitié construit commence d'ailleurs à se déglinguer. Une barrière de béton qu'on érige pour bannir la misère, l'envoyer se faire voir ailleurs, là où elle dépare moins, le plus loin possible de nos distractions, pour ne pas perturber nos belles âmes et nos bonnes consciences.
La civilisation c'est encore moins de faire une télé-réalité avec des faux pauvres. L'incroyable indécence, l'épouvantable arrogance de faire de l'indigence un divertissement pour patates bien pensantes. Au nom de l'information: pour informer ceux qui ne savent s'en préoccuper que les pieds sur un pouf et un plat de popcorn sur la bedaine. Pour créer un de ces débats de société qui égaient les repas de famille et permettent à chacun de régler ses comptes sans avoir à dire ce qu'il a vraiment sur le coeur. Pâques est là; quelle belle occasion. Et nos deux bêtes de foire s'en sont retourné à leur hibernation mentale se refaire une santé en se bourrant de jambon et de chocolat, sous le regard admiratif des badauds ébaubis que nous sommes. Mais consolons-nous, la Maison du Père et le café de l'Itinéraire offrent aussi un repas de Pâques à ceux à qui il reste assez de forces pour en trouver le chemin.
Ma ville est encore plus laide de vouloir se faire belle, toute fière, la pauvre conne, de fêter son 5ième anniversaire de reine du design ou quelque chose d'approchant. Maquiller sa lâcheté, farder l'inhumanité.
Je me suis vertement fait reprocher de traiter sans états d'âme avec des femmes lourdement voilées, on m'a dit que j'étais lâche et sans valeurs; mais qui donc se scandalise de cet incessant défilé de va-nu-pieds désemparés? On nous vend nos causes et nos principes, comme le reste et nous usons nos forces à battre l'air de nos poings. On m'a affirmé sans ambages que ces femmes, j'aurais dû les renvoyer à leur misère pour crime de non conformité, au nom de l'abus qu'elles subissent. Au nom d'une culture, la culture de l'ostracisme et du rejet, quand l'outrage est trop évident, de l'ignorance, du mépris et de l'indifférence, quand il se perd dans la grisaille du décor. À quoi peut donc servir de stigmatiser la victime sinon à conforter le bourreau?
Ma ville est d'autant plus laide que ses habitants veulent se croire civilisés. La civilisation, ce n'est pas un Quartier des Spectacles, qui à peine à moitié construit commence d'ailleurs à se déglinguer. Une barrière de béton qu'on érige pour bannir la misère, l'envoyer se faire voir ailleurs, là où elle dépare moins, le plus loin possible de nos distractions, pour ne pas perturber nos belles âmes et nos bonnes consciences.
La civilisation c'est encore moins de faire une télé-réalité avec des faux pauvres. L'incroyable indécence, l'épouvantable arrogance de faire de l'indigence un divertissement pour patates bien pensantes. Au nom de l'information: pour informer ceux qui ne savent s'en préoccuper que les pieds sur un pouf et un plat de popcorn sur la bedaine. Pour créer un de ces débats de société qui égaient les repas de famille et permettent à chacun de régler ses comptes sans avoir à dire ce qu'il a vraiment sur le coeur. Pâques est là; quelle belle occasion. Et nos deux bêtes de foire s'en sont retourné à leur hibernation mentale se refaire une santé en se bourrant de jambon et de chocolat, sous le regard admiratif des badauds ébaubis que nous sommes. Mais consolons-nous, la Maison du Père et le café de l'Itinéraire offrent aussi un repas de Pâques à ceux à qui il reste assez de forces pour en trouver le chemin.
Ma ville est encore plus laide de vouloir se faire belle, toute fière, la pauvre conne, de fêter son 5ième anniversaire de reine du design ou quelque chose d'approchant. Maquiller sa lâcheté, farder l'inhumanité.
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