dimanche 26 septembre 2010

La déportation des Roms: un deuxième pas sur le sentier de l’enfer.

On  dit que Hitler avait du sang  juif, Sarkosy de son côté porte le même nom qu’un des leaders rom.  Est-ce leur seul point commun?  Que dire de s’attaquer à un groupe, une nation, une religion pour l’agacement, l’inconfort, la méfiance ou la peur qu’ils provoquent depuis des siècles? À tort ou à raison.  Quand on veut noyer son chien, on dit qu’il a la rage.  Que dire des rationalisations qui jugent et condamnent une femme, un homme au nom de sa race?  Où s’arrête-t-on à ostraciser la différence?  Qui seront les prochains?  Pourquoi s’arrêter en si bon chemin?  Pourquoi se priver des délices d’un paix sociale à toute épreuve?  One strike and you’re out.

Mais le premier maudit Français qui vient noua brailler dans la face, cet hiver,  sur le sort des pauvres phoques, on lui fait retraverser l’Atlantique à coups de pieds dans le cul. 

Dans le même ordre d’esprit,  j’ai une question au sujet du twit qui a écrit l’article, je ne sais plus dans quelle revue, sur les Québécois: est-ce que ça fait très mal d’être aussi con?      

mardi 3 août 2010

Ton cul

J'aime ton cul
C'est mon soleil
Ma lune d'été
Le reste je m'en fous
C'est pas de ma faute
Je suis comme ça
J'veux pas d'amour
J'veux pas de tendresse
Je veux juste mes mains
Sur tes fesses
Ta peau qui coule
Sur ma peau
J'veux ta salive
Sur mes lèvres
Je veux te prendre
Pis te recracher
J'veux ton odeur
Au fond de mon lit
J'veux le goût de toi
Partout sur moi
C'est ton cul que j'aime
C'est pas de ma faute
Le reste
Qu'est-ce que j'en ferais
Le reste tu le gardes pour toi
Tu le gardes pour ta femme
Tu le gardes pour ton chien
Ton histoire m'ennuie
Tes mots me disent rien
C'est ton cul que je veux
C'est pas ta vie
J'veux qu'y me fasse jouir
Je veux pas le marier
Je suis comme ça
C'est pas de ta faute
J'aime ton cul
Et ça me suffit.

lundi 12 juillet 2010

To Queenie with love

Quand il te disait qu''il t'aimait
Pourquoi tu l'as pas écouté
Parce que t'es trop fucké
Parce qu'on t'en a trop fait baver
Pourquoi t'as eu si peur
Pourquoi tu t'es sauvé
Pour pas être seul à pleurer
Pour pas être seul à être seul
Pour que lui aussi sache ce que c'est
Que d'être rejeté.

Quand je te regarde, j'ai mal pour toi
Tu dis non à tout ce qui est beau
Tu te perds dans le bruit
Tu te perds dans la nuit
Tu cries pour enterrer les mots
Tu cours sans but
Pour sécher tes larmes
Pour pas savoir que tu pleures
Pour pas savoir que t'en meurs
De pas savoir aimer

Il te prenait comme tu es
Avec ta perruque, tes faux-cils
Tes bottes de cuirette à talons hauts
Ta jupette de fortrel
Ton bustier de paillettes mauves
Il te voulait comme tu es
Nu et vulnérable
Fardé ou sans maquillage
Homme ou femme
Qu'est-ce que ça fait

Je suis fatiguée de te ramasser
Quand t'en peux plus d'être essoufflé
Quand le coeur te manque
De battre pour rien
Quand tu sais plus qui tu es
À force de tout déguiser
J'en peux plus de tenir les morceaux
Quand tout craque et se défait
J'ai peur pour toi
Comprends-tu ça

Tu dis que tu veux plus rien
Juste que les jours passent
Pour que ce soit enfin la nuit
Tu dis qu'il était trop beau
Que tu l'aurais sali
Que de toutes façons il serait parti
Que t'es né salope
Le cul ouvert, le coeur fermé
Fait pour baiser sans embrasser
Pour le plaisir sans rien donner

C'est faux, tu le sais aussi bien que moi
Personne est fait juste pour ça
Arrête de me dire que je comprends pas
Laisse tomber tes grands airs
De Greta d'Hochelaga
De diva de pacotille
De Marilyn en carton pâte
Tu te mets en scène dans un cauchemar
Et tes rêves, Queenie chéri
Qu'est-ce que t'en fais?

dimanche 20 juin 2010

Karla Homolka et moi

Je suis très, très inquiète.  De plus en plus inquiète, au fil des nouvelles du matin.  Des petites choses qui s’additionnent les unes aux autres, qu’on traite comme des évidences dans le journal, au bulletin de nouvelles, sur la rue et qui n’ont pour moi d’évident que le danger qu’elles comportent.

Je me fous de Karla Homolka depuis les premiers jours où elle a fait la manchette avec le très sympathique Bernardo.  Quand j’ai envie de me faire dresser les poils du pubis en les frottant à l’horreur, j’écoute Criminal Minds.  Dans la réalité, je fuis le fait divers, j’ai toujours trouvé suspecte et malsaine l’excitation et la fascination qu’ils provoquent.  Je laisse les tueurs tuer sans me perdre en conjectures sur leurs motivations.  Je laisse les avocats plaider, les juges juger et les Claude Poirier délirer, c’est leur métier et ils le font généralement plutôt bien.  Je sais que ces choses-là existent et qu’elles sont, semble-t-il, inévitables, peu importent la prévention et la punition; nous naissons avec le goût du sang et il y a toujours quelqu’un quelque part chez qui il n’aura pas été dompté. 

Je n’aurais jamais cru qu’un jour, nos destins auraient pu se retrouver liés.  Au temps de la vie où je suis arrivée, si à ce jour je n’ai tué personne, il serait plutôt étonnant que l’envie m’en prit, à moins que ce ne soit par compassion, qui sait, mais ça ne me ressemble pas vraiment, je n’ai pas ce genre d’arrogance ou de courage.  Et mon pire crime sexuel aura été de donner un gros bec baveux sur le pénis d’un bébé en voulant lui embrasser le nombril.  Je n’ai pas l’impression qu’il en ait été pour tout autant traumatisé.  Mais voilà que, comme citoyennes, nous nous retrouvons tout à coup sous la même menace.

Toutes deux citoyennes d’un pays où le gouvernement avec une belle unanimité, semble-t-il, se permet de traquer, cibler, viser et abattre un individu, qui est redevenu après avoir payé sa dette, un simple quidam comme vous et moi, en s’octroyant des compétences qu’il ne possède pas.  Qui passe une loi en catastrophe pour refuser un droit à une personne en particulier.  Pourquoi?  Parce que son crime, extrêmement médiatisé a donné lieu à une psychose collective, née en grande partie des élucubrations invérifiables des faiseurs de nouvelles, officieux et officiels.  Parce que dans notre monde devenu complètement paranoïaque à force de se protéger, c’est rentable politiquement.  Ça vous rappelle quelque chose?  À moi oui. 

Quel sera le prochain prétexte maintenant que la machine roule allègrement?  

samedi 3 avril 2010

Des nouvelles de mon monde

Saviez-vous que? Dans certains états des États-Unis, entre autres au Nevada, quand vous sortez de prison, si vous étiez armés au moment de votre arrestation et que vous n’avez pas commis de crime avec celle-ci, on vous remet votre arme avec vos autres objets personnels.

vendredi 2 avril 2010

Des nouvelles de mon monde

Petit sarcasme en passant, oh combien mesquin, mais oh combien réconfortant : je suppose que tous les Québécois pure laine qui se gargarisent avec les valeurs de notre société à propos de tout et de rien étaient dans la rue en ce 1er avril avec les manifestants.

Moi, même si je suis plutôt raisonnablement accommodante, j’y étais. Parce que la vraie menace à notre culture, à ce qui fait notre force et notre spécificité comme peuple, c’est maintenant qu’elle plane. C’est en habit trois pièces et à visage découvert qu’elle se présente. C'est en pur français québécois, sans le moindre accent, qu’elle s’exprime.

Le suicide: et après?

Le suicide : et après?

Il y a quelques temps, c’était la semaine du suicide. Ou le mois? Je n’en sais rien, mais c’était une de ces occasions où on en profite pour ne pas parler de La Chose, à grands coups de statistiques et de lieux communs. Tout pour ramener le sujet à soi-même. Comme si c’était tous les jours la semaine des cons.

Je ne parle pas de ceux qui sont sur la ligne de front, les suicidaires eux-mêmes, les écoutants, les psys, qu’on sollicite peu ou prou de toute façon, par peur peut-être que ce qu’ils ont à dire soit trop troublant. Surtout, il ne faut pas déranger nos certitudes, elles pourraient nous bondir au visage, et qu’en adviendrait-il de nos sacro-saintes valeurs et de notre bonne conscience, après?

Je ne parle ici que pour moi, je sais peu ce qu’il en est des autres; le suicide au bout du compte, c’est chacun pour soi. Un jour, à force, la bulle de douleur, de doutes, de peur qui se construit et que l’on construit autour de nous, nous enferme complètement. À force, hantés par l’obsession de se protéger, on se mure en oubliant de percer portes et fenêtres et le reste du monde disparaît.

Est-ce la réalité, est-ce surdité volontaire ou égotisme romantique, je ne sais, mais il me semble que jamais je n’ai entendu parler de ce que j’ai vécu, de ce que je vis encore depuis près ou peut-être plus d’un demi-siècle : l’envie de mourir au quotidien. Comme avoir faim ou soif, aussi courant, aussi banal, aussi trivial, aussi irrépressible qu’une bonne envie de chier. L’envie et la peur de mourir qui guettent au détour de la moindre pensée, qui vous réveillent au milieu de la nuit d’une bonne claque sur la gueule, qui vous hurlent à l’oreille quand vous vous y attendez le moins, qui engluent tous les moments de plaisir. Cette lutte perpétuelle contre le monde et contre soi pour sauver du massacre la beauté, le bonheur, l’amour, la joie, le partage.

Un jour, sans trop bien savoir d’où c’est venu, c’est déjà trop tard. Je ne me souviens pas de la première fois, mais je me souviens d’une simple sensation, de quelque chose de trop grand pour moi qui tout à coup prenait possession de moi. Venue d’où? Pourquoi? À quoi bon en chercher l’origine puisque depuis, monstrueuse charognarde insatiable, elle se nourrit de tout, partout. D’un mauvais jour ou d’une mauvaise rencontre, du moindre échec et des occasions ratées, d’une parole blessante, d’une réaction méprisante, d’un insignifiant rejet. Du plus petit au plus grand : de la guerre, des génocides, de la culture du mensonge et du mépris, de la dévastation des hommes et de leur monde. Jusqu’à arriver au bord du précipice. Devant, derrière tout est noir. Il n’y a plus qu’un seule issue : le vide. Alors, on écarte les bras et on fait un pas, croyant pouvoir s’envoler de soi.

La suite est question de hasard ou de circonstances. J’ai fait un pas, un seul pas de côté et la voiture qui venait m’a évitée, les freins ont crissé, le klaxon s’est mis à hurler; elle a tangué pendant quelques mètres puis elle a continué sa route. Je suis restée là, dans le noir, le gouffre avait disparu. Il ne m’est resté que ce désir et cette peur intenses qui allaient m’habiter pour toujours. Comme avoir faim ou soif. J’avais avalé le gouffre qui avait refusé de me dévorer. Le vide au cœur de mon corps. Comme on dit du chien qui a goûté le sang, jamais plus je ne perdrais le goût de la mort.

J’aurais voulu crier, mais c’était trop tard. Crier que ce n’était pas cela que j’avais voulu. Hurler que c’était seulement l’espoir d’une vie meilleure qui m’avait fait trébucher, que c’était d’avoir voulu ouvrir trop grand les bras pour embrasser la vie qui m’avait déportée. Dire comme les enfants, j’étais encore une enfant : «Je veux pus, je m’ai trompée, je le ferai pus, promis.» Parce que je ne savais pas que le désespoir, le vrai, m’attendrait de l’autre côté d’une minute, une seule petite minute de désenchantement. C’était trop tard.

Le suicide et après? Si j’étais morte ce soir-là, je serais morte et c’est tout. Et après? Après ce soir-là, la vie est devenue une lutte de tous les instants et pourtant, je suis encore là, à écrire ce texte qui me déchire et me terrorise. À respirer à pleins poumons l’air saturé d’odeurs de cet hiver qui se prend pour un printemps. Est-ce la gorgée de Prunelle que je roule dans ma bouche qui me fait monter les larmes aux yeux? Ou peut-être est-ce Richard Desjardins qui me parle du cœur comme un oiseau? Ou est-ce simplement de me sentir extraordinairement vivante malgré tout?

Vivante avec ce vide au cœur du corps, et même s’il a failli m’emporter, je crois qu’il m’a aussi beaucoup donné. Il a été le maître d’œuvre de mes plus belles folies et de mes plus grands bonheurs. Je vis chaque jour comme si c’était le dernier. Au fil du temps, nous nous sommes apprivoisés.

Quelles paroles de tendresse, de soutien, d’encouragement auraient pu m’aider à échapper au tourbillon de douleurs que je m’infligeais et que la vie m’infligeait? Quelqu'un quelque part aurait-il pu m'empêcher de poser le geste? Peut-être que oui. «Tout est affaire de décor, changer de lit, changer de corps. À quoi bon puisque c’est encore moi qui moi-même me trahis. Moi qui me traîne et m’éparpille dans les bras semblables des filles où j’ai cru trouver un pays.» Probablement que non parce que, sans le savoir, sans le vouloir, j’avais rayé de la carte de mon univers tous mes lieux d’appartenance.

Le suicide et après? Après, tous les jours on se demande, comment il est possible de vivre toute une vie d’errance. Être nulle part et de nulle part apparaît comme une éternité de fuites en avant, sans projet et sans objet. Et pourtant, j’ai continué. Je n’ai jamais recommencé. C’est le temps qui me tuera finalement. Le temps au fil duquel j’ai découvert que cette lente et si longue désespérance avait donné un sens à ma vie. Je lui dois tout ce dont je suis le plus fière.

La seule chose que j’aurais voulu qu’on me dise c’est que oui, j’avais commis l’irréparable le soir où je m’étais balancée au bord du gouffre, oui, je porterais cette minute au cœur de mon corps pour toujours comme un hurlement, mais aussi que ce qui m’est apparu si longtemps comme une fatalité était aussi un formidable moteur qui me propulserait vers la liberté et le bonheur.

Aujourd’hui, quand je regarde en arrière le chemin parcouru, et en devant la route plus ou moins longue qui m’attend, je ne voudrais pas qu’il en eut été autrement.