lundi 20 avril 2009

Des nouvelles de mon monde

L’orgasme: Un gros merci à Pierre Lapointe pour quelques secondes de perfection, quelques minutes de pur bonheur et une heure et demie de plaisir sans mélange. Mutantès comme on se donne et s’abandonne à l’amour.

Et la débandade: le truc marketing des 15 chansons pour les premiers acheteurs et des 12 pour les autres, pour le lancement de son disque, me frustre à la limite de l’écoeurement, au point de me demander si je l’achèterai, finalement. Aussi bien attendre de pouvoir le télécharger sur internet gratuitement, je serai certaine de les avoir toutes. Et ne me dites pas que ça ne sera pas possible, en cherchant bien, probablement que dès aujourd’hui, avant la sortie, on peut mettre la main dessus. Je déteste me faire traiter en groupie, je suis fatiguée de ces manipulations tellement grossières qu’elles en deviennent insultantes. Je vais m’essayer parce que je lui en dois vraiment une, mais si je ne mets pas la main sur le spécial pour les fans, il restera sur la tablette, merci! Dans la même veine, je ne sais pas s’il a changé de gérant ou de faiseur d’image, mais son trip de «j’étais baveux mais je le ferai plus et j’ai fait un disque triste mais je le ferai pus», c’est pas ça, ça ne colle pas, ça sonne trop «faut pas choquer la matante, c’est elle qui a le cash pour venir voir mes shows» La matante est pas contente. Arrogant, j’aime bien, petit comptable de province ratoureux, beaucoup moins.

Un message aux cathos: s’il vous plaît, faites quelque chose avec votre Pape. Je ne sais pas moi, empaillez-le le bras dans les airs et mettez-le sur son balcon ou flanquez-le dans sa Tata mobile blindée et surtout insonorisée; l’infaillible tata pourrait continuer à faire ses tatas sans être trop nuisible. Les pigeons du Vatican en seraient fort ravis.

Star Académie: le Québec retient son souffle: qui des clones hurleurs sera éliminé et qui l’emportera et quoi des seins ou des lèvres de Julie Snyder explosera en premier?

Crise économique: il faudrait bien m’expliquer comment une poignée de dits gestionnaires payés à coups de millions, qui n’ont pas vu venir la faillite et quittent le bateau en courant, avec tous les canots et les gilets de sauvetage bourrés des millions qui restent, ont l’indécence de hurler que c’est la faute des travailleurs trop payés quelques dizaines de milliers de dollars pour fabriquer des produits qui eux fonctionnent plutôt bien, et qu’on les croit encore.

Crise économique prise 2: je propose la candidature de ma belle-mère comme conseillère spéciale à tous les comités, caucus, gouvernements en panique, voire à la banque mondiale, si nécessaire: elle a élevé, nourri, vêtu et éduqué très correctement 9 enfants, dans un environnement plutôt sain et adéquat, avec un revenu minime et sans jamais s’abaisser à aller quêter quoi que ce soit à qui que ce soit. Son secret? Elle sait compter: pour elle deux plus deux fait quatre et non «zéro pour le livre de compte et plus six que j’empoche». Elle sait tenir un budget et n’imprime pas d’argent sur des torchons quand il vient à manquer. Elle n’a qu’une devise, simple et efficace: no non sense. Pensez-y!

Vu au centre-ville: une voiture de police avec un poisson d’avril au derrière.

La matante est contente: eh oui, je l’ai acheté le disque de Pierre Lapointe. L’édition limitée, évidemment. Et je suis désolée d’apprendre au 15,001 acheteur qu’il va rester en suspens, hagard et le souffle court, un peu comme le téléphone qui sonne ou dégringoler en bas du lit au moment où le corps gorgé d’amour prend son envol. La critique avait dit de Mutantès que c’était un spectacle froid, trop cérébral ou le concept prenait le pas sur l’émotion. C’était plutôt une distance un peu brechtienne qui donne toute la place aux mots, aux images, aux sensations, à la musique qui prennent peu à peu toute leur place, s’installent pour finalement paver le chemin à l’émotion. C’est la même chose pour le disque, d’où probablement cette impression que la version courte est tronquée. Et toute cette promo est encore plus tordue qu’il n’y paraît puisqu’elle promet en plus un cadeau, qui n’est que l’accès au site internet de Pierre Lapointe, où tu peux aller de toutes façons et où on a accès à deux chansons supplémentaires, qui sont sur le deuxième disque de toute façon. J’ai manqué quelque chose quelque part.

Vu à Télé-Québec: un documentaire sur les crottes. Crottes des humains, des animaux, des insectes; celles qu’on chie, évidemment, leur forme, leur couleur, leur consistance, mais aussi celles qu’on mange, qu’on boit, qu’on sculpte, qu’on brûle, dont on se vêt ou se maquille. Les mille et un usages de la merde. Passionnant et amusant.

J’ai entrepris la lecture de l’Histoire populaire des États-Unis de Howard Zinn: complètement déprimant. Misanthropes s’abstenir.

Découvert: le groupe Evangelista. Superbe et parfaitement indigeste. À écouter loin des ponts, mettre ses lames de rasoir et tous produits toxiques sous clef et vider le réservoir d’essence de sa voiture avant de consommer. À éviter les dimanches pluvieux et les jours de vague à l’âme.